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Voile de misère sur les filles de Cham

Roman,

Voile de misère sur les filles de Cham

Tout en Miss Fesbalan, communément appelée La Matrone, supposait que son modeste corps de négresse avait, en vain, envié les draps de soie parfumés à la lavande ; draps se pavanant dans les jardins trop bien tenus des riverains venus d'Europe. Malgré la carrure imposante de Miss Fesbalan, son visage trahissait les aléas de la misère, du travail forcé sans repos et sans gain équivalent. Elle exposait de larges et rugueuses mains couvertes de bosses dans lesquelles ses phalanges semblaient s'affairer à fuir ; caractéristiques de paysanne rustre d'une insensible brutalité s'inscrivant sur la forme de ses jambes, l'une tournée vers l'ouest, l'autre vers l'est. Pour imaginer tous les coins et recoins que ses talons, écorchés, toujours nus, avaient déjà foulés, il suffisait de regarder ses orteils écartés avec les mêmes bosses, les mêmes ongles rugueux. arrivent en Guyane à Saint-Elie en quête d'or. Une fois devenue femme, Mary-Charling s'éloignera de Saint-Elie. Elle y laissera deux maris et son fils. A Cayenne, elle connaîtra une vie de misère, et incapable de donner ce qu'elle n'a jamais reçu, elle fera subir à sa dernière fille, la violence et le désamour maternel.