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Terra kerguelensis incognita

Beaux-livres,

Terra kerguelensis incognita

Appel entendu. Jaune, indigo, vert, ocre ou bistre sont spontanément entrés dans le jeu, rehaussant l'esquisse première et dévoilant les formes d'un monde divers, fluctuant et discordant, insoucieux de l'homme, rétif aux contraintes auxquelles il tente de plier son cadre de vie. Ici, ni murs ni barrières ni clôtures, aucune route. La lumière qui désigne, au soir tombé, les fenêtres d'une fragile cabane abritée au pied d'un morne témoigne seule d'une présence humaine en prise comme les albatros, les lapins, les manchots ou les skuas aux éléments dédaigneux.

Restait enfin à animer cette imagerie profuse et chatoyante, à faire entendre l'âpre bruit de l'archipel - voix de la roche au péril de la mer, chant d'une cime tourmentée par le vent, tumulte du torrent en quête de déversoir, choeur mûr de rêves et de peines des marins, découvreurs, chasseurs, éleveurs, géologues, aventuriers. Saisissant ces blocs épars, des écrivains familiers du monde des îles - Ananda Devi (Maurice), Marco Biancarelli (Corse), Nicolas Kurtovitch (Nouvelle-Calédonie), Henry Le Bal (Ouessant), Riccardo Pineri (Raïatea), Rodney Saint-Eloi (Haïti) et Jean-Jo Scemla (Tahiti) - ont suscité une polyphonie.

Jacques Bayle-Ottenheim