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L'esclave avait-il donc une âme ?

Esclavage,

L'esclave avait-il donc une âme ?

L’esclave avait-il donc une âme ?

La fête serville à la Martinique dans la première moitié du XIXe siècle

Le thème de la fête servile nous offre de découvrir un aspect de la vie des esclaves que les études et recherches avaient négligé ou traité de façon très superficielle. La connaissance de ce groupe social s’en est trouvée lourdement déformée et aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui croient que la vie de l’esclave ne s’est résumée qu’au travail avec ses corollaires de souffrances, de privations et toutes les cruautés qui font que la mort semblait pour un grand nombre l’issue la meilleure.

Il est vrai, la vie des esclaves a particulièrement été évoquée par des intellectuels engagés dans l’action politique. Leur discours exprime souvent toute l’émotion d’un peuple en quête de réhabilitation. La justification du désir de répondre au besoin de compensation de la population actuelle les a conduits à procéder, de façon inconsciente peut-être, à la sélection des faits étudiés, occultant ceux qui ne soutenaient pas leur plaidoyer. L’histoire de l’esclavage n’est alors devenue, dans cet esprit, qu’un moyen de reconnaissance identitaire.

Nous montrerons aussi les significations de la fête servile à la Martinique au XIXe siècle et essaierons de répondre à l’interrogation : la fête ne deviendra-t-elle pas un instrument que le groupe dominant utilisera pour instaurer, sinon rappeler une distance effective entre colons et esclaves ? Ne deviendra-t-elle pas un élément du code de détermination du statut des ­groupes ?

 

Albanie Burand, né à Saint-Pierre en 1947, y enseigne l’histoire depuis 1975. Très impliqué dans la vie culturelle et politique de Saint-Pierre, il a occupé des postes importants dans ces domaines. Il a publié en 2002 chez le même éditeur : La vie politique à Saint-Pierre de la Martinique de 1848 à 1902.